L'Islam et le café
Atteint de la maladie du sommeil, Mahomet pria Allah de l'aider. Allah lui envoya donc l'archange Gabriel et une gourde de potion brûlante et noire comme « La Kaaba de la Mecque ». Celui-ci révéla au prophète les vertus et la manière de préparer cette potion. Une fois la gourde vide, Mahomet se sentit revigoré et put défaire quarante cavaliers et honorer tout autant de femmes.
Les musulmans étaient persuadés que la boisson était un don d'Allah et devinrent presque fanatiques dans l'usage du breuvage comme le témoigne cette tirade qui serait l'œuvre du fils de Mahomet, le cheik Abdal-Kader Anasari Djezeri Haubuli.
Ô Café ! Tu chasses les soucis des grands : tu ramènes ceux qui errent par les chemins de la connaissance. Le café est le breuvage des gens de Dieu, et le cordial de ses serviteurs, assoiffés de sagesse ...
Tous les soucis disparaissent quand le porteur de la coupe te présente le délicieux calice. Il circulera librement dans tes veines et n'y restera pas : si tu en doutes, regarde la jeunesse et la beauté de ceux qui le boivent ...
Le café est la boisson des gens de Dieu ; en lui est la santé...
Quiconque a vu le bienheureux calice méprisera le vin. Glorieux breuvage ! Ta couleur est gage de pureté, et la raison la proclame authentique. Bois en confiance, et n'écoute pas le babillage des fous, qui condamne sans fondement...
Omar, saint patron de Moka
Banni de sa ville natale, Omar devient un ermite, mourant presque de faim dans le désert. Un bon jour, il trouva des baies rouges à proximité de sa grotte où il était reclus. Il les mâcha, mais les trouvant trop amer, il décida de les faire griller pour en améliorer le goût, puis, pour les attendrir, décida de les faire bouillir. Ayant bu l'eau de cuisson de ces baies, il se sentit instantanément ravigoté et cet été de plein d'énergie durant plusieurs jours.
Une autre variante de cette légende stipule que l'homme aurait aperçu un bel oiseau au plumage merveilleux et au chant harmonieux. Quand il voulut s'approcher de l'oiseau, il ne trouva qu'un arbuste fleuri et plein de petits fruits rouges. Il en rempli son panier pour se préparer un dîner frugal, une fois revenu à sa grotte. Il eut l'idée de faire bouillir les fruits, dont il obtint un breuvage brun.
Les deux histoires rapportent que des malades lui rendirent visite dans sa grotte et que ce miraculeux breuvage les guérit de leurs maux. La nouvelle de leur guérison atteint bientôt Moka et Omar y revint en véritable héros et fut déclaré saint patron de la ville.
Une autre légende concerne le saint patron de Moka. En effet, Ali ben Omar al-Shadili, grand maître de la communauté mystique islamique des Soufis, aurait vécu en Éthiopie avant d'établir sa petite communauté au Yémen, ce qui deviendrait plus tard Moka. C'est là qu'il aurait trouvé les baies de café, lors de son exil, pour les rapporter au Yémen et en commencer la culture. L'histoire raconte aussi qu'Omar aurait offert un bon café à un capitaine indien atteint de langueur et que cet événement aurait répandu la réputation du breuvage en Orient. Ce serait ainsi que Moka serait devenu le premier port mondial pendant un siècle, de 1650 à 1750, pour l'exportation du café. Aujourd'hui, il est encore possible d'honorer le saint patron des cultivateurs et des consommateurs de café à la mosquée de Moka, construite sur le tombeau d'Ali ben Omar al-Shadili.
