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Écrivain français né à Tours en 1799, décédé à Paris en 1850, Balzac (qui ajoutera une particule à son nom en 1836) est issu de la petite bourgeoisie provinciale. Sa mère l'envoie à l'âge de huit ans chez les oratoriens de Vendôme, où il reste pensionnaire pendant six ans et semble préférer la lecture à des études qu'il achèvera cependant à Paris (1814-1816). Destiné à une carrière juridique mais passionné par la lecture de romans, il arrive à convaincre sa famille de le laisser s'essayer à l'écriture. Après avoir lu la première tragédie en vers de Balzac, Cromwell, un critique ami de la famille déconseillera la carrière littéraire au jeune homme.
Café:Le café est notre soleil du matin.
Déjà enfant, il nous fascine, comme un dieu bénéfique, car il semble détenir le pouvoir, simplement par ses effluves parfumés, de tirer du lit - comme des zombis revenus à la vie - , les membres de notre famille, qui se précipitent alors à la cuisine, où se trouve son sanctuaire. Il suffit ensuite de deux ou trois gorgées de cet élixir pour que les visages changent, les sourires apparaissent, les yeux pétillent, là où peu de temps auparavant, il n'y avait que torpeur et baîllements.
Le café nous accompagne toute notre vie, depuis l'adolescence où, prince généreux et maître de Morphée, il nous aide à réviser durant la nuit nos examens scolaires. À cet âge, nous nous attachons à un arôme et à un goût particuliers, lesquels deviennent une partie de cette identité que nous sommes à construire. Plus tard, ce sont les bols « toi » et « moi » , remplis du précieux nectar, qui marquent nos premiers matins avec l'être aimé. Plus tard encore, nous changeons et, au contact souvent de nos amours - éphémères ou non -, nous essayons d'autres mélanges afin d'adapter le café à notre personnalité plus complexe.
Chez certains aussi, le café est le soleil de minuit. Quand, dans la nuit froide, ils ouvrent leur thermos et laissent échapper cette vapeur odorante, ils retrouvent courage et font pâlir d'envie les étoiles. Lire la suite...
On change plus facilement de religion que de café. Le monde d'ailleurs se divise en deux classes : ceux qui vont au café et ceux qui n'y vont pas. De là, deux mentalités parfaitement tranchées et distinctes, dont l'une - celle de ceux qui y vont - semble assez supérieure à l'autre.
« La petite graine, verte ou brûlée, entière ou sectionnée, en forme d'oeuf minuscule ou semblable au dos bombé d'un hanneton brun, surprend par sa légèreté. Elle ne pèse pas, semble déjà au toucher une essence subtile emprisonnée sous une légère écorce. Brisez-la, il n'y a rien que quelques fragments noirâtres, comme une poudre, une poussière d'insecte. Mais de ce rien, de cette insignifiance, le plus fort des parfums s'élève, emplit une rue, monte, embaume une maison, pénètre dans les logis, va intérroger notre apathie, réjouit notre pensée.
Soudain, avec l' arôme qui s'échappe du brûloir, la nostalgie des pays que l'on n'a pas vus envahit l'être, les flots de la mer Rouge déferlent lourdement sous un ciel embrasé [...]. Et enfin, voici, dans la tasse, le café sorti de sa léthargie, qui donne sa vapeur vivace. »
Gustave Geffroy, XIXe siècle, cité par La Famille, n° 854, 16 février 1896
«Une seule cuillerée de café moulu magnifié par le parfum de la cardamome, mis à flot, lentement, dans les frissonnements de l'eau chaude. Tu mélanges, lentement, avec une cuillère, d'un geste circulaire au début, puis de haut en bas (...) Emporte la café dans l'étroit couloir, verse-le précautionneusement, amoureusement, dans la tasse blanche - celles qui sont trop sombres ne permettent pas au café de s'exprimer. Observe les filets de vapeur, le voile odoriférant qui s'élève.»Description de la préparaion du café turc par Mahmoud Darwich dans Une mémoire pour l'oubli.
Le célèbre poète anglais nous livre, dans ce poème, son point de vue sur le café turc :