Jamaica map bm
Dans l’est de la petite île des Caraïbes qu’est la Jamaïque, courre une majestueuse chaîne de collines connues sous le nom de Blue Mountains. Le plus haut sommet atteint 2256 mètres au-dessus du niveau de la mer et les températures peuvent descendre jusqu’à 4 degrés Celsius, mais puisque la Jamaïque se trouve dans les Tropiques, même à cette altitude il n’y a ni neige ni gel à aucun moment de l’année. Au-dessus de 1524 mètres, la forêt est dense et cette région est protégée par le Gouvernement comme étant une Réserve Forestière. En-dessous de cette ligne, le terrain et le climat est parfait pour la culture du café. Le sol, les précipitations et la température se combine pour produire, à partir des grains de café arabica qui y poussent, un breuvage d’une saveur rare et particulière ; le délicieux et inégalé café blue Mountain.

Le café fût introduit en Jamaïque pour la première fois en 1728 par Sir Nicholas Lawes, à partir de semences importées d’Hispaniola. Il le planta sur sa propriété de Temple Hall, puis les semences se propagèrent à d’autres parties de l’île. Plusieurs planteurs, déçus par la culture de la canne à sucre dans les plaines, se tournèrent vers les collines où le café s’y cultivait bien.
En 1791, l’Assemblée de Jamaïque essaya d’encourage la diversification des cultures pour réduire la dépendance de l’île à la seule culture de la canne à sucre. Après plusieurs révolutions violentes en Haïti dans les années 1790, plusieurs réfugiés, dont plusieurs étaient des caféiculteurs, s’envolèrent pour la Jamaïque et firent des Blue Mountains leur nouvelle demeure. Leur compétence et leur expertise apportèrent beaucoup et améliorèrent l’efficacité et le volume de production de café dans la région.
L’abolition de l’esclavage dans les territoires britanniques en 1883 rendit possible pour les esclaves nouvellement libérés de cultiver ce qu’ils voulaient sur leurs propres terres. Plusieurs d’entre eux se dirigèrent vers les montagnes et se consacrèrent à la culture du café, vendant leur surplus aux planteurs qui possédaient leur propre dépulpeuse et leur barbecue pour le séchage. Ces propriétés exportèrent ensuite leur café vers la Grande-Bretagne, en tant que café vert dans des barils marqué par l’étampe du domaine d’origine. Des fortunes se sont construites et d’autres ont été réduites, suivant la qualité et la saveur du produit ainsi exporté. Le café de Wallenford était particulièrement onéreux, mais les cafés en provenance de Silver Hill, Strawberry Hill, Abbey Green, Radnor et Moy Hall – toutes dans les hauteurs des Blue Mountains, avaient toutes leur propre réputation et étaient particulièrement recherchés.
Au milieu du 19è siècle,  les caféiculteurs des Blue Mountains, et, en fait, tous les caféiculteurs de Jamaïque, ont souffert de plusieurs revers dont ils se sont remis que vers le milieu du siècle dernier. Avec l’introduction d’un Accord de Libre Échange émis par la Grande-Bretagne, le café de Jamaïque ne bénéficiait plus des avantages et des devoirs de protection de la mère-patrie. Les gros producteurs de café, tels la Colombie et le Brésil, étaient capables d’inonder le marché mondial avec leur café, bien qu’il n’ait pas la saveur distincte du café Blue Mountain, qui était d’une excellente qualité. Au même moment, avec la culture constante des mêmes versants apiques des Blue Mountains, les sols ont commencé à s’appauvrir en nutriments, affectant conséquemment autant la qualité que la quantité de café produit, entraînant par la suite une baisse du respect et des prix comparés aux années précédentes.
Au début des années 1940, il ne restait plus que 13 propriétés, toutes aires confondues, dans les Blue Mountains, -incluant de petits centres avec dépulpeuses- produisant une quantité décroissante de café. L’ouragan désastreux de 1951 qui a dévasté l’île de Jamaïque a fini de détruire l’industrie du café du pays.
Le Gouvernement de Jamaïque réalisa la nécessité de ressusciter l’industrie du café et commença à apporter de l’assistance aux caféiculteurs qui utiliseraient de bonnes pratiques en agriculture. Avec la fondation en 1950 du Conseil de l’Industrie du Café (Coffee Industry Board), des primes attrayantes et des directives concernant la régulation et la catégorisation de tout le café destiné à l’exportation, furent mis en place.
Le gouvernement de Jamaïque décréta en 1973 que seuls les cafés en provenance de et transformé par Mavis Bank Central, Moy Hall et Silver Hill, en plus de la station gouvernementale de Wallenford pourrait porter légalement le nom de café Blue Mountain. Les autres cafés cultivés ailleurs en Jamaïque serait catégorisé comme étant Haute-Montagne ou Basse Terre, et hériterait ainsi de prix moins élevés.