Cantate BWV 211
Faites silence, cessez de babiller! (Cantate du café)
(version originale allemande : Schweigt stille, plaudert nicht "Kaffee-Kantante")
Johann Sebastian Bach, compositeur, organiste, claveciniste, violoniste et altiste allemand, 1685-1750.
La Cantate du Café fût écrite entre 1732 et 1734 par Bach sur l'un des poème du leipzigeois Christian Friedrich Henrici, publiant alors sous le pseudonyme de Picander. À cette époque, le café avait récemment gagné l'Allemagne et fréquenter les cafés étaient particulièrement à la mode. À Leipzig, le Café Zimmermann accueillait le Collégium Musicum, dirigé depuis 1729 par Bach, où était présenté des concerts hebdomadaires.
Cette cantate se moque à la fois des jeunes entichés du café et de ceux qui ne voient que du mal de ce breuvage, comme tout ce qui porte l'étiquette de l'interdit (à cette époque le café était considéré comme un vice, mais il était très apprécié de la gente féminine semble-t-il). Elle raconte une histoire assez simple, celle de Liesgen qui ne veut, pour rien au monde sacrifier ses trois tasses de café quotidiennes, et de son père, Schlendrian, qui veut coûte que coûte la préserver de cette odieuse boisson; il va même à lui interdire de se marier, si elle ne laisse pas tomber le café. Le poème écrit par Picander inclus les 8 premiers récitatifs et airs et Bach aurait ajouté à la cantate le dernier récitatif et le choeur final, puisque celui-ci voit en Liesgen un fille plutôt astucieuse.
La traduction française de la Kaffee-Kantate est présentée ci-dessous, accompagné de la version allemande (vocale et instrumentale)
1. Récitatif (ténor)
Narrateur Faites silence, cessez de babiller Et écoutez cette histoire: Voici venir Monsieur Schlendrian Avec sa fille Liesgen Il grogne comme un ours apiculteur. Entendez vous-même ce qu'elle lui a fait! 2. Air (basse) Schlendrian Nos enfants ne nous causent-ils pas Tracasserie sur tracasserie? Tout ce que je dis chaque jour À ma fille Liesgen Demeure lettre morte. 3. Récitatif (basse et soprano) Schlendrian Mauvaise enfant, fille désobéissante, Ah! Quand m'écouteras-tu: Cesse donc de boire du café! Liesgen Père, ne soyez donc pas si sévère! Si je ne bois pas, trois fois par jour, Mon bol de café, alors ma souffrance Sera telle que je me dessécherai Comme un morceau de rôti de chèvre. 4. Air (soprano) Liesgen Mmh! Cette douce saveur du café Est plus délicieuse encore que mille baisers Et plus veloutée que celle du vin muscat. Café, il me faut mon café, Et si l'on veut me faire plaisir; Alors, que l'on me verse du café ! 5. Récitatif (basse, soprano) Schlendrian Si tu ne cesses du boire du café, Alors tu n'iras à aucune noce Et tu devras renoncer à la promenade. Liesgen Ah bon! Laisse-moi donc mon café! Schlendrian Et que dis-tu de cela, petite friponne: Je ne t'achèterai pas la jupe à baleines Qui est à la mode aujourd'hui. Liesgen Je m'en passerai sans peine. Schlendrian Tu ne te pencheras plus à la fenêtre Pour voir les gens passer ! Liesgen Peu importe; la seule chose que je vous demande, c'est de me laisser mon café ! Schlendrian Tu ne recevras pas non plus de ma main Le ruban doré ou argenté Dont tu veux orner ton bonnet! Liesgen Oui, oui! Pourvu que tu me laisse mon seul plaisir ! Schlendrian Désobéissante Liesgen Tu n'en fais donc qu'à ta tête ? 6. Air (basse) Schlendrian Les filles au rude caractère Ne cèdent pas facilement Mais si on parvient à toucher le bon endroit, Alors, le succès est assuré ! 7. Récitatif (basse, soprano) Schlendrian À présent, fais ce que ton père te dit ! Liesgen Sans doute, mais pas en ce qui concerne le café. Schlendrian Très bien: tu devras donc te résigner À ne jamais trouver un époux. Liesgen Oh oui! mon père, un époux ! Schlendrian Je jure qu'il n'en sera rien ! Liesgen Tant que je ne renoncerai pas au café ? Eh bien, café, je t'abandonne pour toujours ! Mon père, écoutez, je n'en boirai plus. Schlendrian Alors tu auras finalement un époux ! 8. Air (soprano) Liesgen Dès aujourd'hui, mon père, Voyez ce que vous pouvez faire ! Ah, un époux ! Vraiment, cela me convient à merveille ! Si seulement cela pouvait se produire bientôt ! Si seulement je pouvais obtenir, Au lieu du café, avant d'aller au lit Un amoureux ardent ! 9. Récitatif (ténor) Narrateur Le vieux Schlendrian quitte alors les lieux Pour se mettre à la recherche d'un époux Destiné à sa fille Liesgen Mais Liesgen ne tarde pas à murmurer Aucun soupirant n'entrera dans ma maison à moins qu'il ne promette Et ne confirme dans le contrat de mariage Que j'aurai la permission Deme faire du café dès que j'en aurai envie. 10. Choeur De même que le chat n'oublie jamais la souris Les jeunes filles restent fidèles à leur café. La mère chérit son café La grand-mère en buvait aussi Qui donc pourrait blâmer les jeunes filles !



